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Jeudi 10 Juillet 2008

Rencontre du Jeudi 10 Juillet 2008

Une dizaine de personnes étaient réunies lors de cette rencontre

La soirée s’est partagée entre :

Exposé de Catherine Strumeyer

Maslow (1908-1970) a grandi à New York. Il est l’initiateur de la psychologie humaniste et transpersonnelle. La violence renvoie à l’insécurité.

Maslow entreprend une étude sur les besoins fondamentaux. Au départ, il s’agit d’une étude personnelle. En effet, il est décrit comme timide et réservé ; fasciné par Westeimer et d’autres personnes brillantes, il se demande comment font les gens qui semblent « si bien dans leur peau ». Il a tout d’abord travaillé sur les besoins fondamentaux, puis sur la haine et la violence. Il a appliqué ses travaux aux entreprises.

Harry Harlow, un éthologue, a été son premier professeur. Ainsi, Maslow a beaucoup travaillé en laboratoire et a constaté que les expériences réalisées dans ce cadre n’étaient pas transposables. On parle alors de 3ème voie, entre le behaviorisme et la psychanalyse.

Maslow se demande s’il existe une tendance innée à progresser vers des niveaux supérieurs de développement. Selon lui, on obtient quelque chose lorsque l’on part de ce qui manque ; ce qui compte c’est ce que l’on n’a pas. La base serait la suivante : le besoin physiologique, mais aussi le besoin de sécurité d’où le besoin d’appartenance, le besoin d’amour, l’estime, le besoin d’accomplissement.
Les besoins, on les ressent mais leur satisfaction dépend aussi des autres, notamment pour les besoins supérieurs. La société adéquate est celle que favorisent les relations humaines. Ce sont des relations holistiques : quand on satisfait un besoin c’est l’ensemble des besoins que l’on satisfait. On peut relier besoin, désir et motivation.

La plupart des besoins que l’on satisfait nous aiderons dans un but plus général : l’accomplissement de soi. Les buts n’apparaissent pas toujours à la conscience. Un désir donné peut être un canal par lequel s’exprime plein d’autres désirs. Certaines personnes qui ont un fort niveau d’évolution font passer les besoins physiologiques et le besoin de sécurité au deuxième plan ; ils les sous-estiment.

Les personnes qui manquent de sécurité sont plus centrées sur elles-mêmes. Quelqu’un qui a faim va se replier et ne pas penser aux autres, donc il pourra être agressif. Pour Maslow, une société saine est une société où tout le monde peut satisfaire ses besoins de base. De grands changements sociaux pourraient se produire immédiatement si on renonçait à l’idéal : accepter le monde tel qu’il est. Ce qui satisfait les besoins, c’est ce qui fait plaisir au sujet et non ce que définit la norme. Spontanément, l’Homme sait ce dont il a besoin. Il faut pouvoir être simultanément égoïste et altruiste.

Lors du débat :

Maslow énonce un point de nature humaine. L’humain serait un projet non naturel : ses besoins seraient du côté de l’animalité. Les animaux ont les mêmes besoins et s’ils ne peuvent les assouvir, ils agressent. Les personnes violentes ne sont-elles pas elles-mêmes dans l’insécurité ? Les enfants qui insécurisent les adultes sont eux aussi insécurisés.

Jean-Pierre Bagur revient sur une expérience professionnelle. On lui avait demandé d’observer des enfants qui faisaient leur besoin dans les couleurs. Il s’est en fait rendu compte que les toilettes avaient été condamnées pour cause de détérioration. Si un humain n’a pas le minimum, on ne peut pas demander le stade supérieur. Une personne réagit vis-à-vis de l’absence de parole dans cette expérience. Selon elle, la violence dans l’institution vient aussi du fait que l’on ne se parle pas.

Catherine Strumeyer insiste sur le fait que, pour Maslow, l’effort pour satisfaire le besoin importe plus que son obtention. Il faut faire une différence entre le manque et le vide : le manque renvoie à un objet alors que le vide ne renvoie à rien.

Exposé sur le travail de Coup’d Pouce

Le témoignage du travail de Coup’d Pouce, par la vivacité de son Humanité, suscite nombres d’interventions chemin faisant.

Coup’d Pouce est une structure d’insertion créée en 2004. Au départ, il s’agit d’une petite action sur l’aide au voisinage, aux personnes âgées, … Peu à peu, ils ont embauché les premiers salariés Actuellement, la structure compte 33 salariés. Certains sont issus de la rue. Analphabètes, alcooliques, handicapés, ce qui fait qu’ils ne sont guère employables. Notre principe de départ est de proposer à ces gens très dévalorisés qui errent de service en service une activité professionnelle valorisante : ils sont utiles à d’autres. Au départ, certains sont violents, puis cela s’estompe avec le temps parce qu’ils sont pris en compte dans leur violence. S’il n’y a pas de rapport humain avec l’Homme violent, c’est comme si on lui refusait la rencontre amicale. Une personne fait remarquer que l’on n’est pas toujours prêt à répondre à cela, du fait de préjugés souvent inconscients.

Ils se sentent pris en compte, donc il n’y a pas de violence.

Pour Ghislaine Bilger, il y a une réactivité de la part de Thierry Pristas qui est immédiate, il n’a pas peur de se confronter nez à nez. Ils acceptent notre main tendue, parce que d’emblée tout est clair, dès le premier entretien d’embauche (« on a un outil pour toi, c’est toi qui t’en sers »). S’il conclut le pacte moral les yeux dans les yeux : ça tourne. Il n’y a que deux gars qu’on n’a pas pu garder. Il n’y a aucune condescendance, pas de cadeau ; on travaille sur le savoir être, savoir parler, savoir saluer, etc… Toutes les personnes qu’on accueille on subit d’énormes violences institutionnelles. Ils sont baladés, on les exploite. Au début, ils pensent qu’on est comme les autres. Puis ils découvrent que leurs heures sont payées, qu’il y a des congés. Pour nous, le travail au noir est le summum du manque de respect. On est une association loi 1901, agrément service aux personnes. Thierry Pristas vient du bâtiment, on n’a aucune formation spécifique, mais je pense que si les gens étaient plus sympas, il y aurait moins de violence.

Ils ont besoin de reconnaissance, et font du bon boulot. Il n’y a aucune agression et ils respectent les horaires.

Informations concernant l'organisation du Colloque

Jean-Pierre Bagur propose un point concernant l’organisation du colloque. Le Conseil Scientifique se réunira le 8 Novembre 2008 sur Arles. Il insiste aussi sur l’importance de la Commission acteurs de terrain qui réunit 10 membres permanents. Enfin, il présente les prochaines réunions d’étude qui auront lieu.

www.echo-arles.fr

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