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Jeudi 12 Juin 2008

Rencontre du Jeudi 12 Juin 2008

15 personnes étaient réunies lors de cette rencontre

La soirée s’est partagée entre :

De nouveaux participants nous rejoignent pour préparer cet évènement qui demande de nombreuses contraintes et une traçabilité. Cela va permettre de demander ensuite un agrément de Formation Continue.

L’objectif de ces réunions du Jeudi est de compiler des pratiques pour préparer le colloque ; c’est un lieu pour déposer mais non pas pour venir chercher un avis, un point de vue sur une pratique. Ce sont les rencontres qui alimentent les contenus de chaque réunion.
Claude Robin anime la commission acteur de terrain

Exposé de Jean-Marie Quairel

Jean-Marie Quairel est dans le champ de l’orientation depuis les années 70 ; il a une pratique de conseiller d’orientation. Il se demande pourquoi l’acte de s’orienter peut être vécu comme une violence, où la personne a le sentiment d’être dépossédée de son orientation. Il insiste sur l’extrême violence de ce moment.
Il adopte une approche d’autosupervision en entretien de conseil, c’est-à-dire qu’il amène les professionnels vers un processus. Cette méthode a été introduite en France par K. Leconte dans la fin des années 80.

Il existe deux conceptions de l’orientation :

  • L’orientation qui met chacun à sa place ;
  • L’orientation qui aide chacun à trouver ou créer sa place.

Cette deuxième conception s’appuie sur les travaux de Freinet, Rogers… En France, Lhotellier a développé le concept du « tenir conseil ».
K. Lecomte propose une formation originale de 30 jours sur l’analyse de pratique de l’entretien de conseil. Il s’agit d’une auto évaluation guidée pour le Conseiller d’Orientation en stage qui se trouve conseiller puis observateur de la situation étudiée en stage. Il y a donc trois positions occupées successivement (stagiaire, consultant, formateur), ce qui permet de ressentir pendant l’entretien les phénomènes à différents niveaux. Que se passe-t-il dans l’interaction avec la personne à orienter ?
L’entretien est un processus et non une technique car chaque consultant a sa propre histoire. Plus encore, il s’agit d’un processus d’influence interpersonnelle : il faut avoir conscience de la façon dont on agit dans l’entretien : repérer ses rythmes, … Il est aussi important de clarifier la demande et de la faire reformuler. L’alliance de travail est indispensable.

  • L’identification du problème donne une direction pour ne pas prolonger le flou ;
  • Clarifier les ressources, les obstacles à éviter, proposer ses propres solutions ou des documents que le consultant n’est pas en mesure de s’approprier encore car il doit clarifier sa problématique ;
  • Le consultant examine les possibilités avec le conseiller, il fixe des objectifs.

==> Le modèle se met en acte plus qu’il ne se parle. Ce qui est central dans cette démarche, c’est l’empathie.

Une association développe des journées de formation pour les Conseillers d’Orientation et les enseignants afin de travailler sur ce qui se passe dans ce processus singulier avec le jeune en orientation. C’est aussi un processus de travail et de développement personnel pour le Conseiller d’Orientation qui a besoin de s’évaluer et d’être supervisé. Il s’agit d’aider les 3 partenaires majeurs de l’institution : le jeune, les parents et les enseignants. Quand les parents et les enseignants se rencontrent, il y a souvent un dialogue de sourd car personne n’est vraiment préparé à aborder ce dialogue qui n’est pas neutre. Il faut essayer de faire préparer la rencontre, par chacun des partenaires. Pour cela, des grilles de questionnements sont proposées. Les gens sont souvent en difficulté car ils ne se posent pas de question. Ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui se posent des questions sur leur rapport au savoir, leur position de parents…

Pour Jean-Marie Quairel, dans les milieux peu cultivés, la rencontre tourne très vite au dialogue de sourd où le parent se trouve en position d’accusé, alors qu’il est complètement démuni. « Quelle question faut-il que je me pose en tant que parent ? ». Souvent, les parents ne voient que la note ce qui les prive de liberté et de créativité et c’est une violence extrême pour les jeunes très démunis.

De plus, selon Jean-Marie Quairel, le rapport au temps des jeunes de la génération internet qui voient la vie au jour le jour vient compliquer le travail d’orientation qui est une projection vers l’avenir.
La démarche partenariale de questionnements propose de manière individuelle au jeune et à ses parents, ainsi qu’aux enseignants,, un travail préparatoire qui est un conditionnement. Chacun garde ce travail préparatoire pour lui (grille spécifique à chacun), pour éventuellement en parler avec le conseiller d’orientation, mais, en tout cas, cela va rendre la rencontre possible. Cette méthode peut permettre de débloquer certaines situations.

Lors du débat:

  • On précise que cette démarche, lorsqu’elle a été utilisée quelques fois par l’enseignant, induit une posture, un questionnement quasi systématique. Les trois protagonistes opèrent un véritable travail sur soi. L’enseignant doit jouer le jeu et ne pas regarder le questionnaire de l’élève sauf si celui-ci souhaite le lui montrer.
  • Ce genre de travail qui permet de savoir comment se positionner en tant qu’enseignant n’est pas pris en compte en formation initiale.
  • C’est l’élève qui est au centre et pourtant on n’arrive à lui qu’après un certain nombre de ronds dans l’eau !!

Exposé de Jérôme Laval: « Retour de Colombie »

Télécharger le texte de Jérôme Laval

Jérôme Laval souhaite exposer un compte-rendu de l’intervention de Charles Melman intitulée « Retour de Colombie » lors d’une conférence en 2003, sur le thème de la violence. Les questions de départ sont les suivantes :

  • Comment se fait-il que le jeune qui habite un F3 avec 10 frères et sœurs ne vienne pas vous déloger de votre maison pour l’occuper ? Parce qu’il y a la police.
  • Pourquoi les policiers ne viennent-ils pas chez vous prendre les biens que vous possédez ? Parce qu’il profitent comme vous de biens publics dont nous sommes tous les bénéficiaires.

==> La loi règle la répartition des jouissances.

Il y a autre chose que nous partageons et qui est promesse de la possibilité d’un partage: la parole. Il faut considérer le service public comme la conséquence de l’exercice de la parole. La question de la violence se résume à une question de place ; la parole est l’organisatrice de la répartition des places. Il y a des disparités mais pas d’inégalité de la jouissance, à condition que l’on parle la même langue.

A contrario, pour rendre quelqu’un « parano », il suffit de parler une langue qu’il ne comprend pas. Mécaniquement et automatiquement, les personnes qui parlent cette langue inconnue sont à éliminer. La jouissance du bien, c’est « toi ou moi » ; le pacte symbolique, c’est ce qui rend tout le monde aimable. Le symbolique n’a cependant pas de force armée, de police, pour se faire reconnaître, donc il faudra toujours une force de police pour faire respecter la loi.

Que s’est-il passé pour les populations d’Amérique Centrale ? Le colonialisme a cassé le symbolique au profit d’un pouvoir réel : la poudre a parlé, puis on a changé la langue ! On est sorti d’une économie du « toi et moi » pour une économie du « toi ou moi ». Il n’y a pas manque de place, mais inégalité des places.
Le problème du pacte symbolique, c’est qu’il n’est plus à la mode. L’économie de marché y est pour beaucoup ; le pacte se matérialise, il devient contrat. On passe des contrats pour tout. Comme le pacte se matérialise, la question est de savoir si l’on a l’objet ou si on ne l’a pas. Lorsque que l’on se retrouve entre semblables, on doit se protéger des autres. Cette façon de se positionner, qui implique de se protéger des autres, est à la source de la violence. Parmi les objets, on retrouve la connaissance et le savoir scolaire. La possession du savoir, fait violence à ceux qui ne l’ont pas et le maître est associé à ce savoir que les élèves n’ont pas….

Lors du débat:

  • 0n évoque la question de l’objet : l’objet dont il est question est l’objet de consommation, de jouissance, qu’il soit matériel ou non matériel.
  • La notion de communauté relève de ce processus puisque les personnes qui partagent le même objet se retrouvent
  • La question du maître et de l’élève perdure mais de façon pervertie. Pourtant, dans ce monde et ces institutions perverties, des professionnels réussissent… Actuellement il semble que la société délégitime les enseignants. Par ailleurs, il y a quelques décennies des personnes faisaient référence, comme l’enseignant, le prêtre…. Dans la collectivité scolaire aujourd’hui, on a des sujets, les élèves et non des objets. L’objet passe par des intentions et par la parole.

Informations concernant l’organisation du colloque

Concernant la commission acteur de terrain : 2 réunions ont eu lieu ; la prochaine se déroulera le 27 juin à 14 h. L’objectif de cette commission est d’avoir un petit comité qui réceptionne les propositions de communications, envoyées selon une trame commune diffusée en tant que cahier des charges. Les propositions doivent venir de toute la France.
Il reste à définir comment on pourra écouter les gens qui ont une proposition retenue. Cette commission va permettre de sélectionner et organiser les ateliers du colloque. Certaines expériences peuvent être proposées pour un partenariat avec des chercheurs.
Comment diffuser l’avis à communication : que chacun envoie sur le mail Echo les idées de mode de diffusion et les informations utiles pour le faire.

Concernant les demandes d’adhésion collective : une souscription anticipée au colloque ouvre droit à la participation au colloque pour l’institution avec un tarif dégressif selon le nombre d’agents inscrits.

Le colloque va durer 3 jours, 1 thème par jour, ouvert au niveau des champs et transversal.

Prochaines réunions :

  • Journée de novembre : réunion du conseil scientifique du 8 Novembre 2008 qui aura lieu à l’IUT ;
  • Journées d’études 2009 : 1 jour centré sur la confrontation physique ;
  • L’assemblée générale ECHO sera prochainement annoncée, possible fin juillet.

www.echo-arles.fr

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