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24 novembre 2007

COMPTE-RENDU de la JOURNEE DU 24 NOVEMBRE 2007

Lancement du projet colloque

Les scientifiques représentant le comité scientifique :

Rémi CASANOVA, Maître de conférence Sciences de l’Education Lille III, Jacques PAIN, professeur Sciences de l’Education Paris X Nanterre.

Les modérateurs des réunions :

Kheira MOSBAH, psychologue clinicienne, Jean-Marc SAJOUS, enseignant.

La salle :

Environ 40 personnes, un chercheur Science de l’Education : Sébastien PESCE, des éducateurs, enseignants, artistes, formateurs, psychologues, psychanalystes, étudiants en art-thérapie, plusieurs représentants d’associations, dont CAPACITE, C2AM, l’UPOP’ARLES, Petit à Petit, Ligue des droits de l’homme.

Les organisateurs :

Jean-Pierre BAGUR, Agnès BENEDETTI, Delphine CAPRON, respectivement président, directrice, assistante de direction de l’IRRAV

Jean-Pierre Bagur présente l’IRRAV, Institut de Recherche de Réflexion et d’Action sur les Violences (www.irrav.com), laboratoire de recherche et organisme de formation qui a pour mission de favoriser l’intervention de chercheurs autour des questions de violences, d’autorité, de victimalité. L’IRRAV travaille en partenariat avec des structures diverses, Education Nationale, Protection Judiciaire de la Jeunesse, collectivités territoriales, diverses structures publiques et privées… à partir de méthodes de formation et d’action inspirées des pédagogies actives et de la responsabilisation. L’Institut est à l’initiative du lancement de ce projet de colloque. Une structure associative indépendante, ECHO Arles, s’est constituée pour mener à bien, avec l’IRRAV, l’organisation de ce colloque, en accueillant et fédérant tous les partenariats nécessaires.
Toutes les personnes physiques ou morales qui acceptent de soutenir ce projet peuvent y adhérer
Dans l’optique de cet événement, des réunions sont mises en place tous les 2° jeudis du mois à 20h30 au siège social qui est situé au 12, Bd Georges Bizet, à Arles, à côté du Lycée Pasquet. Il est envisagé de trouver une salle qui ait des dimensions plus conséquentes pour accueillir nos travaux, nous tiendrons informés l’ensemble des partenaires.

Le colloque en question sera un colloque scientifique et aura pour visée de travailler dans le croisement des apports des universitaires, des psychanalystes et des acteurs de terrain.

On évoque les membres du comité scientifiques potentiels, pédagogues, médecins, psychanalystes. Sont pressentis entre autres : Charles Burquel, psychiatre, médecin-chef (Belgique). Philippe Carré, professeur de Sciences de l’Éducation. Rémi Casanova, maître de conférences de Sciences de l’Éducation, Lille. Mireille Cifali, professeur de Sciences de l’Éducation, Genève (Suisse). Pierre Delion, professeur, CHU, Lille. Jean Pierre Lebrun, psychanalyste (Belgique). Philippe Meirieu, professeur de Sciences de l’Éducation. Jacques Pain, professeur de Sciences de l’Éducation. Antoine Prost, professeur de Sciences de l’Éducation.

Le colloque se déroulera, en principe, sur 4 jours, démarrant le jeudi à 12h et se terminant le dimanche à 12h. Dates : autour des vacances scolaires de la Toussaint 2009 ?

Jean-Pierre Bagur explique le déroulement d’un colloque.
Le comité scientifique va initier les contacts, définir l’argumentaire, rédiger et diffuser l’appel à communication, sélectionner les candidatures… Réunion dans un an, octobre 2008, de l’ensemble du comité scientifique sur Arles.

Les objectifs du colloque :

Le colloque pratiquera le décloisonnement faisant se parler des champs qui sont habituellement éloignés les uns des autres : pédagogie, psychanalyse, sciences humaines.
Le colloque sera une dispute scientifique au sens médiéval partant du postulat que les pédagogies actives peuvent répondre aux phénomènes de violence auxquelles sont confrontées les institutions. Le but n’est pas de condamner les violences car il n’existe pas de groupe sans violence mais d’en déconstruire les mécanismes, et proposer les réponses qui réussissent. (J.Pain) L’étymologie de « expérience » c’est « ex – péril » sortir du péril, on définira les termes
Trouver des réponses exemplaires, (modélisables ou pas) quand on aura clarifié les termes.(R.Casanova)
Différentes formes et situations de violence, ainsi que des actions de prévention actuelles sont évoquées au cours du « tour de salle » de présentation. Les participants disent se sentir concernés par ce projet dans lequel ils pensent trouver une place et des outils conceptuels pour penser leur pratique propre.

A quoi pourrait aboutir le colloque ?

Se rassembler entre scientifiques et échanger les résultats des travaux, cela peut être un but, mais celui-ci a d’autres prétentions : Rendre les concepts utilisables, aboutir à des publications et des préconisations : ce que l’on peut changer immédiatement, demain, et dans quelques années. (J.Pain)
Pour susciter des communications, il faudrait distinguer les catégories recherches / témoignages / réflexions - essais. Les pérennisations doivent être diverses. Penser un site pour support de l’action et quand aux publications, on aurait les actes du colloque, plus un livre davantage en après-coup. (Rémi Casanova)
Ce colloque du fait qu’il se fasse est en soi déjà un processus de symbolisation, de civilisation. (S.Pesce)
Le colloque a vocation à modifier le réel, « puisque nous savons faire, faisons-le savoir ». En montrant les pratiques qui marchent et que les scientifiques valident. Aborder la notion de violence comme un symptôme, non pas à éradiquer mais à déconstruire. Un colloque scientifique doit inclure, dépasser le témoignage et administrer la preuve.(R.Casanova) Jacques Pain confirme son souhait de positiver, montrer et démontrer les pratiques valides.
Articulation théorie / pratique et lien de ces travaux avec le terrain arlésien et régional…

Les notions abordées au cours de cette journée :

La force naturelle fait partie de l’agressivité nécessaire pour la survie. Quand on se civilise, on met une limite. Quand on dépasse cette limite on est dans la violence (JP.Bagur). Les scientifiques nous invitent ensuite à retenir la définition suivante de la violence : « la violence est un abus d’agressivité qui fait une victime ».
« abuse » est une notion anglo-saxonne, la notion de violence sans agresseur, c’est une notion très récente. La violence, étymologiquement, c’est l’usage débordant de la force. VIS – IS, en Sanskrit c’est la force, puis on peut aussi discuter sur la force.(J.Pain)
La violence n’est pas toujours hors normes, ce peut être la mise à l’écart de sujet ou de groupes, il est des violences structurelles, du cadre de l’institution. ( S.Pesce)
La violence est au cœur de l’homme, Freud a montré la lutte entre les pulsions agressives et l’éducation, plus on les contre plus elles se retournent contre le sujet lui-même.(S .Svetolavsky)
Plusieurs types de violences : 1° violence par défaut, on ne peut pas faire autrement et on ne peut pas le dire, 2° celle qui fait que l’on est là en tant que sujet, c’est la castration. C’est éminemment culturel, pendant l’Antiquité on battait les esclaves et l’on abandonnait les enfants. La violence comme moyen de guerre, le banditisme, comment l’on récupère les jeunes perdus pour les inclure 3° puis la passion du UN : les hooligans, il n’y a pas d’autres solution pour exister que cette adhésion à un groupe qui pousse à exclure, 4° réflexive, qui pousse à la répression. On va à l’opposé du bateau, on va dans le tout répressif, là on pourrait articuler le mot résistance. Il s’agit d’une violence appelée par celle à laquelle on est confronté. (Jérôme Laval)

En pratique : Les financements seront sollicités la mairie, le conseil général, le conseil régional, mais plus largement l’Europe, le Ministère de la Ville, et bien sûr un autofinancement (soutiens, adhésions, dons privés, produits d’activités spécifiques). Ce colloque pourrait être aussi une manifestation conviviale, rassemblant des actions culturelles.

Réunion tous les deuxièmes jeudis du mois.

Calendrier 2008 : plusieurs journées d’études peuvent être organisées , une en février, une en juin, une en octobre (rassemblant l’ensemble des membres du comité scientifique).

Jean-Pierre Bagur insiste sur la possibilité de chacun de diffuser l’annonce du début de ces travaux autour de lui, sans se limiter, et demander à chaque contact de faire de même, sachant que pour réunir 20 personnes, il faut en informer 200, pour en avoir 1000 pour le colloque il faut avoir pu en contacter 10000… Puis il lance un tour de salle en demandant à chacun une proposition concrète de sa place, il est dit : « profiter de ce colloque pour faire un lien théorie/pratique sur l’ensemble des écoles d’Arles, participer à l’organisation, travailler sur le thème des médiations, l’art comme palliatif, faire le compte-rendu de la réunion, violence et pouvoir travailler la documentation en ce sens, réfléchir à la place de la tauromachie, se mettre à disposition, diffuser l’information dans les établissement scolaires d’Arles, proposition d’aide pour l’organisation sur le plan hôtelier, travail sur les violences structurelles et dans nos pratiques sociales ou autres, communiquer sur la pédagogie du règlement des conflits »

Projection du film « Parole l’Héritage Dolto », de Vincent Blanchet Une quinzaine de personnes ont pu visionner le film et rester au débat animé par Jacques Pain, sur la question de la place de l’enfant dans le collectif, comment l’école de La Neuville travaille t-elle ses procédures pour permettre de faire émerger une parole de sujet qui dans le temps le transforme et le situe parmi ses pairs en reprenant dans la parole et les échanges des différentes réunions les incidents violents de la vie quotidienne.

CR rédigé par :
Agnès BENEDETTI
Catherine STRUMEYER
Relecture : Jean-Pierre BAGUR

www.echo-arles.fr

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